![]() |
Emmanuel Pons |
|
|
TOUT SEUL (SEX). 1999. Technique mixte sur papier, 350 x 460 mm.
|
Le Trèfle est un personnage. Il est marié, a deux enfants, une maison, une voiture, suit l'actualité, milite pour des causes, en est peut-être une. Il est tout et son contraire : le pouvoir et son illusion, la foule et la solitude, la droite et la gauche, l'universel et le particulier.
Construit sur le thème "un problème = une solution", et issu de la recherche d'une expression réduite esthétiquement à son minimum, le Trèfle dén°nce les dérives comportementales de notre société - les problèmes - et, parfois, leur propose une solution plausible dans son raisonnement, mais impraticable dans la réalité (la logique de la solution plausible implique souvent la ré-invention de la cause du problème. La conclusion, tirée d'un raisonnement simpliste, s'impose alors d'elle-même). Volontairement de mauvaise foi, démagogue, le Trèfle signale, par sa seule présence, le danger ou le ridicule d'une situation. Il est cynique, caustique, jamais méchant. C'est le caillou dans la chaussure. Il gêne.
|
|
PUZZLE. 1999. Pastel et crayon sur papier, 960 x 960 mm.
|
La vie du Trèfle se lit au travers de cinq séries : Puzzle, Tout seul, Intérieur, Solution, Fleuve tranquille.
Les "Puzzle" marient écriture et dessin enfantins, collage et poésie. Chaque morceau représente une pièce du puzzle. L'assemblage fonctionne sur la dynamique du choc créé par l'association du Trèfle à des mots forts (pouvoir, argent, illusion ...). Les vers parodiés, le tremblement du trait et la candeur du dessin s'opposent eux aussi à ces mots allusifs en corps gras.
Les "Tout seul" figurent le Trèfle griffé d'un mot (money, sex, Dieu ... ) ou accompagné d'une phrase (l'argent ne fait pas le trèfle, drug loves Jésus, le Trèfle vous aime etc). Le fond de l'uvre est souvent constitué de la répétition crayonnée de petits trèfles ou du titre de l'uvre (Love 25, Notre Trèfle qui êtes odieux, I'm a free Clover ... ). Le texte, français ou anglais, fait référence aux pôles d'attraction que sont l'argent, la religion, le pouvoir, le sexe. La répétition et le détournement des mots (Jésus-Fric, l'Eglise des clones) permet au Trèfle d'affirmer ses pensées malgré le côté classique de sa réalisation plastique. Apposé sur un papier imprimé (commandement de payer, contravention ...), sur une image crue (scène de guerre, accident de la circulation ...), le Trèfle dénonce ce qui dérange l'Homme dans son quotidien. Il se fait ainsi sa propre publicité, usant de la détresse humaine pour se faire reconnaître.
Les "Intérieur" dévoilent la composition interne du Trèfle (cerveau, tissu musculaire ... ). Ils établissent clairement sa parenté avec la race humaine. Couleurs vives, tracé 1 puéril, les "Intérieur" sont ainsi dessinés pour donner l'impression de sortir de l'imagination et de la main d'un enfant, témoignant de la profonde innocence du Trèfle...
Les "Solution" confèrent au Trèfle son rôle de logo-indicateur. Simplistes, ils évoquent une situation problématique à laquelle ils proposent une solution plausible (sérieuse ou humoristique). Sur l'uvre, "un problème = une solution : le Trèfle" est apposé au tampon afin de marquer le caractère officiel de ce postulat.
Les "Fleuve tranquille" font état des événements positifs ou négatifs survenus au Trèfle (mariage, assassinat - il renaît toujours - gains au loto etc). Ils associent un texte hyperbolique et court à des images qui en sont la transcription.
|
|
TOUT SEUL. 1999. Acrylique et pastel sur papier, 102 x 195 mm.
|
Au-delà de ces cinq séries se profile la vraie vie du Trèfle. Celle d'un être autonome, indépendant, qui va construire son univers virtuellement (sur l'Internet). Ce personnage va rencontrer les hommes, dialoguer, commercer avec eux.
|
|
PUZZLE. 1999. Pastel et crayon sur papier, 960 x 960 mm.
|
Sa vie ressemblera à la nôtre. Avec sa superficialité, sa fatuité, sa gentillesse aussi, sa générosité parfois ou sa naïveté, le Trèfle sera notre égal. Différent par son aspect, il attirera les regards, les réflexions, titillera peut-être certaines consciences, mais pourtant, derrière sa forme, il n'y aura toujours que l'Homme.
(extrait de The Clover's story)
Musée de Matanzas, Cuba
Médaille d'Argent de la Ville de Paris
Médaille d'Argent de la Ville de Bordeaux
Grand Prix du Salon de Bordeaux (1995)
"Orbitales", Les Pyramidions, Musée du Louvre, Paris
"Traces", galerie Michèle Marcault, Paris
"Traces", évolution Noire, galerie Michèle Marcault, Paris
"Traces", concept global, éditions Rytmance
"L'Enjeu International", TV5 Europe
| 1998 | "Le réalisme intérieur"
Bernadette Dubuc, in Artistes, n°75, octobre 1998 |
| 1997 | "Emmanuel Pons : du silence"
Jean-Paul Gavard-Perret, in Li voix du regard, n°10, printemps 1997 |
| 1996 | "Emmanuel Pons-
Marc Hérissé, in Li gazette de l'Hôtel Droitot, n°9604, janvier 1996 "Emmanuel Pons- Fawzi El Baccouche, in Artistes, n°59, février-mars 1996 "Emmanuel Pons- Patrick Laillet, in Pani Loisirs, n°15, Janvier 1996 |
| 1995 | "Vertige de la matière"
Philippe Carteron, in Le Nouvel Observateur, n°1 574, Janvier 1995 "Sur les traces d'Emmanuel Pons" Daniel Chudet, in La Cote des Arts, n°192, janvier 1995 "Les pulsions de vie d'Emmanuel Pons- Jean-Stéphane Vincent, in Aladin, n°81, janvier 1995 "Emmanuel Pons" Marc Hérissé, in La gazette de lHôtel Drouot, n°9503, janvier 1 "Les cicatrices d'Emmanuel Pons" Jean-Pierre Delarge, in Pro fil, n°1436, janvier 1995 "Emmanuel Pons" Fawzi El Baccouche, in Artistes, n°53, février-mars 1995 "L'artiste du mois : Emmanuel Pons- Maurice Estrade, in Gestion de Fortune, n°45, décembre 1995 "Emmanuel Pons" Patrick Laillet, in Pani Loisirs, n°7, Janvier 1995 |
| 1993 | "Les orchestrations orbitales d'Emmanuel Pons"
Claude Dorval, in Proffl, n°1340, janvier 1993 |